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Traite d'êtres humains dans le vignoble champenois

30 juin 2020 à 14h57 Par Emmanuel POLI
Crédit photo : OCLTI

Six personnes et trois entreprises, soupçonnées d’avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes une centaine d’ouvriers, vont être jugées à Reims.

Le procureur de la république de Reims n'hésite pas à parler d'esclavage moderne.

Six personnes et trois entreprises, soupçonnées d’avoir exploité et fourni de la main-d’œuvre illégale à des viticulteurs champenois, doivent être jugées du 1er au 3 juillet devant le tribunal correctionnel de Reims.

Les chefs d’accusations sont multiples : traite d’êtres humains, conditions d’hébergement indignes, emploi d’étrangers non munis d’une autorisation de travail, travail dissimulé...

Les prévenus ont été interpellés lors d'une opération de gendarmerie menée en juin 2019.

Une opération qui faisait suite à un contrôle réalisé un an plus tôt dans une société prestataire viticole à Oiry (Marne).

Sur place, les enquêteurs de la Section de recherches de Reims et de l’Office Central de lutte contre le travail Illégal (OCLTI), ont pu constater l’indignité des conditions d’hébergement de ces ouvriers, dont certains se trouvaient en situation irrégulière.

Une quarantaine de personnes entassées dans un logement insalubre, des saisonniers qui dorment parfois à même le sol, sans électricité, avec une seule douche froide et un seul sanitaire pour tous.

Dans les vignes, les ouvriers sont soumis à des cadences éprouvantes.

Certains n’ont pas été payés, les autres ont reçu une misère.

Les mis en cause encourent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.