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Un fonctionnaire soupçonné d'avoir poussé des femmes à uriner devant lui

08 novembre 2019 à 18h20 Par Emmanuel POLI
Au ministère de la Culture, puis à la DRAC Grand-Est, l'homme aurait fait près de 200 victimes

C’est une enquête édifiante que dévoile le journal Libération.

Un ancien directeur des ressources humaines du ministère de la Culture est soupçonné d'avoir administré des diurétiques à des dizaines de femmes pendant des entretiens d'embauche.

Il les aurait ensuite éloigné volontairement des toilettes et les forçait à uriner devant lui, souvent dans la rue.

L'ancien fonctionnaire aurait même consigné ses agissements dans un document Excel.

Il serait question de près de 200 victimes, photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques entre 2009 et 2018, dans un premier temps au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est.

Libération a pu recueillir les témoignages glaçants de plusieurs victimes : "je sentais mon ventre gonfler, j’étais au bord du malaise dit l’une d’ente elles. Sous un pont, j’ai baissé mon pantalon et ma culotte, et j’ai uriné. Pendant ce temps, il tenait son manteau devant moi pour me cacher et regardait mon visage".

L'une d'entre elles a  tenté d'avertir le ministère de la Culture mais sans jamais obtenir de réponse.

Des agissements qui semblaient pourtant connus de tous.

Dans les couloirs du ministère de la Culture, l’homme était surnommé "le photographe", parce qu’il prenait régulièrement des clichés des jambes des femmes qu'il recevait.

C'est d'ailleurs après avoir photographié les jambes d'une sous-préfète de Moselle en juin 2018, qu’il a été dénoncé par un collègue de la DRAC Grand-Est.

L’enquête a conduit à sa suspension de la fonction publique en octobre 2018 et à sa révocation en janvier 2019.

L'ancien DRH est désormais mis en examen notamment pour agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction.