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Volé dans la Marne par les nazis, un violon va être restitué à la famille de son propriétaire

Publié : 17h26 par Emmanuel Poli

Crédit image: Association Musique et Spoliation
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Près de 90 ans après avoir été volé par les nazis dans un château de la Marne, un violon va être restitué aux descendants de son propriétaire. Une incroyable histoire

C’est un moment chargé en émotion que s’apprêtent à vivre les descendants de Gabriel Girondelot.

Ce mercredi 7 octobre à Paris, l’association « Musique et Spoliations » va leur remettra le violon Caressa n°152 ayant appartenu à leur ancêtre et qui a disparu pendant plus de quatre-vingts ans.

Pour bien comprendre cette histoire, remontons plus d’un siècle en arrière.

Le violon fabriqué en 1905 appartient alors à Eugène Paul Choubry.

Ce jeune violoniste originaire de la Marne est destiné à un très grand avenir dans la musique, quand sa carrière est interrompue par la première guerre mondiale.

Il meurt malheureusement au combat le 30 avril 1917 à Moronvilliers (Marne).

(Photo : Eugène Paul Choubry en 1913. © Fonds photographique Poyet)

C’est sa sœur Madeleine et son beau-frère de Gabriel Girondelot, notaire à Vitry-le-François, qui héritent de son violon.

Mais au printemps 1940, face à l’avancée de l’armée allemande en France, Gabriel Girondelot et sa famille quittent la Marne pour se réfugier dans le sud du pays.

Ils laissent derrière eux leurs biens, dont le fameux violon, entreposé avec d’autres instruments, dans un château à Maisons-en-Champagne.

C’est là qu’il est volé par des soldats allemands.

En 1945, de retour dans la Marne, Gabriel Girondelot entreprend des démarches pour retrouver ses biens.

Il écrit à la Commission de récupération artistique (CRA), organisme chargé de recenser et d’identifier des biens culturels récupérés après la guerre, et fournit les informations permettant d’identifier le violon.

 

(Photo : Premier supplément annoté du tome IV du Répertoire des biens spoliés, p. 109. © Bundesarchiv, Coblence, B 323/210)

L’instrument est alors inscrit au Répertoire des biens spoliés mais il va rester introuvable jusqu’en…2024.

Il réapparaît soudainement lors d’une vente organisée par Vichy Enchères.

Son vendeur l’a acheté un peu auparavant sur une brocante.

Lors des vérifications de provenance, la maison de vente aux enchères consulte le Répertoire des biens spoliés et remarque une correspondance avec le violon déclaré disparu par Gabriel Girondelot en 1945.

La vente est immédiatement suspendue et l’instrument est conservé, le temps de nouvelles vérifications.

L’enquête menée par un service spécialisé du ministère de la Culture va permettre de confirmer définitivement l’identité du violon.

Reste désormais à retrouver la trace des descendants de son propriétaire.

Les investigations sont confiées à l’Étude Guénifey, spécialisée dans la généalogie successorale.

S’appuyant notamment sur des actes d’état civil et des archives départementales de la Marne, elle va parvenir à localiser des ayants-droits, notamment une arrière-petite-nièce d’Eugène Paul Choubry.

Le violon est ensuite confié à la Maison Vatelot-Rampal pour être restauré.

(Photo : Restauration du violon Caressa dans les ateliers de la Maison Vatelot-Rampal. © Maison Vatelot-Rampal)

Ce mercredi 7 octobre, lors de la cérémonie organisée à Paris, la violoniste Sarah Dayan aura l’honneur de lui redonner de la voix pour la première fois en plus de quatre-vingts ans.